
L’arrêt de votre montre automatique n’est pas un signe de panne, mais un cycle de repos naturel et souvent bénéfique pour sa mécanique.
- Laisser sa montre s’arrêter limite l’usure continue des composants et n’endommage pas le mouvement.
- Un remontoir est un outil de confort pour les montres à complications, mais n’est pas une nécessité pour une montre simple.
Recommandation : Apprenez à voir votre montre comme un organisme mécanique avec ses propres rythmes ; comprendre son fonctionnement est la meilleure façon d’en prendre soin sans anxiété.
Ce silence familier du dimanche soir ou du lundi matin. Votre belle montre automatique, si fidèle durant la semaine, s’est arrêtée. Une petite angoisse vous étreint : est-ce normal ? Ai-je fait quelque chose de mal ? Est-elle déjà en panne ? Cette inquiétude est le lot de nombreux nouveaux propriétaires de garde-temps mécaniques. Face à cet objet qui semble vivre à son propre rythme, on a peur de commettre un impair, de casser un rouage invisible en voulant bien faire.
Les conseils habituels, souvent partiels, n’aident pas à apaiser cette crainte. On vous dit de la secouer, d’acheter un remontoir coûteux, ou de ne surtout pas changer la date à certaines heures, sans jamais vraiment expliquer le pourquoi du comment. Ces règles, perçues comme des dogmes obscurs, ajoutent à la confusion plus qu’elles ne rassurent. On se retrouve alors avec un objet de valeur que l’on a peur de manipuler, ce qui est le comble pour un instrument censé nous accompagner au quotidien.
Et si je vous disais que cet arrêt n’est pas une défaillance, mais une partie saine de l’existence de votre montre ? Qu’une montre automatique est un « organisme mécanique » vivant, doté d’un cœur qui bat, d’un besoin d’énergie et de périodes de repos essentielles ? La clé n’est pas de la forcer à fonctionner 24h/24, mais de comprendre ses cycles pour l’accompagner avec les bons gestes. C’est cette perspective que nous allons adopter. En tant que maître horloger, mon but n’est pas de vous donner une liste de règles à suivre aveuglément, mais de vous ouvrir les portes de l’atelier pour que vous compreniez l’âme de votre montre.
Cet article va donc au-delà des simples conseils d’entretien. Nous allons décortiquer ensemble le fonctionnement de sa réserve de marche, évaluer la réelle utilité d’un remontoir, débusquer les ennemis invisibles comme le magnétisme, et comprendre les gestes qui préservent véritablement la santé de son mouvement. L’objectif est simple : transformer votre anxiété de débutant en une confiance éclairée de connaisseur.
Pour vous guider à travers les subtilités de l’horlogerie mécanique, cet article est structuré pour répondre à chaque interrogation que vous pourriez avoir. Le sommaire ci-dessous vous permettra de naviguer facilement entre les différents aspects du fonctionnement et de l’entretien de votre garde-temps.
Sommaire : Le guide complet de votre montre automatique
- Combien d’heures votre montre peut-elle rester immobile avant de s’arrêter vraiment ?
- Remontoire ou pas : est-ce que laisser sa montre s’arrêter abîme le mécanisme ?
- L’erreur de poser sa montre près de l’iPad qui lui fait gagner 5 minutes par jour
- Pourquoi ne jamais changer la date entre 21h et 3h du matin (la zone de la mort) ?
- Tous les 3, 5 ou 10 ans : quand faut-il vraiment faire huiler son mouvement automatique ?
- Combien coûte une remise à neuf d’une finition brossée sur une montre de luxe ?
- Que garantit vraiment le certificat chronomètre COSC pour votre usage quotidien ?
- Montres suisses : pourquoi le label « Swiss Made » justifie-t-il un prix 40% plus élevé ?
Combien d’heures votre montre peut-elle rester immobile avant de s’arrêter vraiment ?
Une montre automatique peut rester immobile entre 38 et 80 heures en moyenne avant de s’arrêter. Cette durée, appelée réserve de marche, est le « réservoir d’énergie » de votre montre. Elle correspond au temps durant lequel le ressort de barillet, entièrement remonté, peut continuer à délivrer sa force pour faire fonctionner le mécanisme sans l’aide des mouvements de votre poignet.
Imaginez un ressort en spirale enfermé dans un petit tambour (le barillet). Lorsque vous portez votre montre, la masse oscillante (le rotor) tourne et enroule ce ressort, accumulant de l’énergie potentielle. Quand vous la posez, le ressort se détend lentement et de façon contrôlée, libérant cette énergie pour faire battre le cœur de la montre : le balancier. La plupart des montres s’arrêtent donc logiquement après un week-end d’inactivité, soit environ 48 à 60 heures.
La durée exacte de cette autonomie dépend directement du mouvement (le « moteur ») qui équipe votre montre. Les calibres standards comme l’ETA 2824-2 ou son clone le Sellita SW200 offrent environ 38 à 42 heures, juste assez pour passer une nuit, mais pas un week-end complet. Des mouvements plus modernes, comme le Powermatic 80, ont été conçus pour atteindre 80 heures de réserve, précisément pour répondre à cette problématique du week-end.
Le tableau suivant compare la réserve de marche de quelques mouvements automatiques parmi les plus courants sur le marché, vous permettant de situer votre propre montre.
| Mouvement | Réserve de marche | Fréquence | Particularités |
|---|---|---|---|
| ETA 2824-2 | 38-42 heures | 28,800 vph (4Hz) | Le standard de l’industrie |
| Sellita SW200 | 38 heures | 28,800 vph (4Hz) | Clone parfait de l’ETA, 26 rubis |
| Powermatic 80 | 80 heures | 21,600 vph (3Hz) | Double réserve mais fréquence réduite |
| Seiko NH35 | 41 heures | 21,600 vph (3Hz) | Robuste et abordable |
| Miyota 9015 | 42 heures | 28,800 vph (4Hz) | 24 rubis, rotor plus audible |
Plan d’action : auditer et optimiser la réserve de marche de votre montre
- Remontage initial : Avant de la porter, donnez-lui une base d’énergie en effectuant 20 à 30 tours de couronne dans le sens des aiguilles d’une montre.
- Activité quotidienne : Assurez-vous de porter votre montre au moins 8 heures par jour avec une activité normale pour garantir un remontage efficace par la masse oscillante.
- Test d’autonomie : Remontez-la complètement, notez l’heure exacte et laissez-la immobile. Notez l’heure à laquelle elle s’arrête pour connaître sa réserve de marche réelle.
- Vérification de la précision : Observez si la montre perd en précision lorsque sa réserve de marche passe sous la barre des 30%. C’est un indicateur normal de tension réduite du ressort.
- Consultation si nécessaire : Si la réserve de marche mesurée est inférieure de plus de 20% à celle annoncée par le fabricant, une consultation chez un horloger peut être nécessaire pour vérifier l’efficacité du système de remontage.
Comprendre la réserve de marche de sa montre est donc la première étape pour ne plus s’inquiéter. Un arrêt après deux jours sur une table de chevet n’est pas une panne, mais le comportement normal et prévisible d’un mécanisme sain qui a simplement épuisé son cycle d’énergie.
Remontoire ou pas : est-ce que laisser sa montre s’arrêter abîme le mécanisme ?
Non, laisser sa montre automatique s’arrêter n’abîme absolument pas le mécanisme. Au contraire, c’est un cycle de repos naturel qui peut même être considéré comme bénéfique à long terme. Pensez à un athlète de haut niveau : le repos fait partie intégrante de sa performance et de sa longévité. Il en va de même pour la micromécanique de votre montre.
L’idée qu’une montre doit fonctionner en permanence vient d’une fausse analogie avec les moteurs de voiture d’antan, où l’huile pouvait figer. Dans une montre moderne, les huiles synthétiques sont extrêmement stables et ne se dégradent pas par l’inactivité sur de courtes périodes. Un arrêt hebdomadaire ou même mensuel ne pose aucun problème. En réalité, le fonctionnement continu 24h/24, 7j/7, comme sur un remontoir, accélère l’usure naturelle des pivots, des engrenages et des huiles. C’est de la physique pure : plus il y a de mouvement, plus il y a de frottement, et donc plus d’usure.
L’utilité d’un remontoir n’est donc pas technique, mais purement pratique. Il devient pertinent si vous possédez plusieurs montres et que l’une d’elles possède des complications complexes à régler, comme un quantième annuel ou un quantième perpétuel. Pour une montre simple avec heure et date, la remise à l’heure et à la date prend moins d’une minute. Pour un quantième perpétuel qui s’est arrêté pendant un mois, le réglage peut nécessiter des dizaines de manipulations et une consultation du manuel. Dans ce cas précis, le coût d’un remontoir (entre 150€ et 500€ pour un modèle de qualité) se justifie par le confort et le temps gagné.

Pour une montre de tous les jours, l’investissement est discutable. Laisser votre montre se reposer le week-end est une pratique saine qui espacera même légèrement les intervalles de révision. Le remontoir est donc un choix de confort personnel, pas une nécessité pour la santé de votre montre.
En somme, ne culpabilisez pas de laisser votre montre s’arrêter. Considérez cet arrêt non comme une négligence, mais comme une pause bien méritée pour son cœur mécanique, une pratique qui témoigne d’une compréhension respectueuse de sa nature.
L’erreur de poser sa montre près de l’iPad qui lui fait gagner 5 minutes par jour
L’ennemi le plus courant, le plus insidieux et le plus méconnu de votre montre automatique n’est ni l’eau, ni les chocs, mais le magnétisme. Une montre qui se met soudainement à avancer de plusieurs minutes par jour est très probablement magnétisée. Ce phénomène est si fréquent que, selon les professionnels, le magnétisme est une des causes de retour les plus importantes en SAV.
Pour comprendre, il faut visualiser le cœur battant de la montre : le couple balancier-spiral. Le spiral est un ressort minuscule, plus fin qu’un cheveu, dont la régularité des oscillations détermine la précision de la montre. Lorsqu’il est exposé à un champ magnétique, ce ressort en alliage métallique peut s’aimanter. Ses spires se « collent » alors les unes aux autres, ce qui le raccourcit virtuellement. Un spiral plus court oscille plus vite, et la montre se met à avancer de manière spectaculaire.
Le coupable ? Les objets de notre quotidien. Les aimants sont partout : fermoirs de sacs à main, étuis d’iPad ou de tablettes, enceintes Bluetooth, plaques à induction, ordinateurs portables, et même certains réfrigérateurs. Poser sa montre le soir sur un étui d’iPad ou à côté d’une enceinte est le scénario le plus classique de magnétisation accidentelle. Une distance de 5 à 10 centimètres est généralement suffisante pour se prémunir des champs magnétiques les plus courants.
Heureusement, ce problème est totalement réversible et ne cause aucun dommage permanent. Voici comment l’identifier et y remédier :
- Le test de la boussole : Approchez une boussole simple de votre montre. Si l’aiguille de la boussole s’affole ou dévie fortement lorsque vous bougez la montre, c’est un signe quasi certain de magnétisation.
- Identifier les sources : Faites le tour de vos habitudes. Où posez-vous votre montre le soir ? Y a-t-il des appareils électroniques ou des fermoirs magnétiques à proximité ?
- La démagnétisation : La solution la plus simple est de se rendre chez un horloger, qui effectuera la manipulation gratuitement en quelques secondes avec un appareil professionnel. Pour les plus bricoleurs, un petit démagnétiseur bleu, disponible en ligne pour une dizaine d’euros, fait parfaitement l’affaire en suivant scrupuleusement le mode d’emploi.
Le magnétisme est donc une « maladie » bénigne de la montre automatique. Savoir la diagnostiquer et l’éviter vous épargnera bien des tracas et des visites inutiles en service après-vente, en plus de garantir la précision chronométrique de votre garde-temps.
Pourquoi ne jamais changer la date entre 21h et 3h du matin (la zone de la mort) ?
La règle d’or que tout propriétaire de montre automatique doit connaître est l’interdiction de régler la date manuellement entre 21h et 3h du matin. Cette plage horaire est surnommée la « zone de la mort » par les horlogers, car une manipulation à ce moment-là peut endommager sérieusement le mécanisme de quantième (la date).
Pour comprendre le risque, il faut visualiser ce qui se passe à l’intérieur du mouvement durant cette période. Le changement de date n’est pas instantané (sauf sur certains calibres haut de gamme). C’est un processus progressif. À partir de 21h environ, un « doigt » ou un ergot du mécanisme commence à entrer en prise avec la roue du disque de date. Il va lentement la pousser jusqu’à faire « sauter » la date au cran suivant, un processus qui se termine généralement vers 3h du matin. Pendant toute cette phase, les engrenages sont engagés.
Si vous utilisez la couronne pour forcer un changement de date rapide pendant que ce processus est en cours, vous créez un conflit mécanique. Vous forcez un engrenage à tourner alors qu’il est déjà en prise avec un autre. Au mieux, vous sentirez une résistance anormale. Au pire, vous risquez de tordre ou de casser le doigt de quantième ou d’endommager les dents du disque de date. La réparation de ce type de casse nécessite une intervention d’un horloger et un démontage partiel du mouvement.
La bonne pratique pour régler la date d’une montre arrêtée est donc la suivante :
- Tirez la couronne en position de réglage de l’heure.
- Avancez les aiguilles jusqu’à ce que la date change une première fois, ce qui vous indique que vous avez passé minuit.
- Continuez à tourner les aiguilles jusqu’à une heure « sûre », par exemple 6h30 du matin.
- Repoussez la couronne en position de réglage de la date.
- Réglez la date sur celle de la veille.
- Retirez la couronne en position de réglage de l’heure et avancez les aiguilles jusqu’à ce que la date correcte s’affiche (passage de minuit), puis réglez l’heure exacte.
Cette méthode garantit que vous ne manipulerez jamais le réglage rapide de la date pendant que le mécanisme de changement est engagé. Il est bon de noter que de plus en plus de mouvements modernes intègrent des systèmes de sécurité pour éviter cette casse, mais par principe de précaution, il est sage de toujours respecter cette règle.
Respecter cette zone de fragilité est l’une des marques de connaissance et de respect les plus importantes que vous puissiez montrer envers la mécanique complexe de votre montre. C’est un petit effort qui garantit sa santé à long terme.
Tous les 3, 5 ou 10 ans : quand faut-il vraiment faire huiler son mouvement automatique ?
La question de la fréquence de révision est l’une des plus débattues. La réponse d’un horloger est nuancée : il n’y a pas de règle absolue, mais des recommandations basées sur l’âge de la montre, son utilisation et les signes qu’elle envoie. Une ligne directrice fiable serait une révision tous les 7 ans pour un modèle récent et 5 ans pour un modèle vintage.
Une révision, ce n’est pas juste « huiler ». C’est un service complet : le mouvement est entièrement démonté, chaque pièce est nettoyée, les pièces d’usure sont remplacées, puis le tout est réassemblé et lubrifié avec des huiles spécifiques à chaque point de friction. Ces huiles sont le sang du mécanisme. Avec le temps, elles se dégradent, se chargent de micro-poussières métalliques et perdent leur pouvoir lubrifiant. Faire fonctionner une montre avec des huiles sèches, c’est comme faire tourner un moteur de voiture sans huile : les frottements augmentent et l’usure s’accélère de façon exponentielle.
L’illustration ci-dessous montre la différence critique entre une huile fraîche et une huile dégradée au niveau microscopique. On y voit clairement comment les particules abrasives s’accumulent, transformant le lubrifiant en une pâte abrasive qui use les composants.

Pourquoi la fréquence varie-t-elle ?
- Montres modernes (moins de 10-15 ans) : Elles bénéficient d’huiles synthétiques plus performantes et d’alliages plus résistants. Un intervalle de 7 à 10 ans est souvent raisonnable pour un usage de bureau.
- Montres vintage : Leurs huiles étaient moins stables et les matériaux plus tendres. Un contrôle tous les 5 ans est une sage précaution pour préserver le patrimoine.
- Utilisation intensive : Une montre portée pour le sport, la natation ou dans des environnements poussiéreux subit plus de contraintes. Les joints d’étanchéité vieillissent plus vite et les chocs peuvent affecter le mouvement. Un contrôle tous les 3 à 5 ans est alors recommandé.
Plutôt qu’un calendrier strict, soyez attentif aux signes que votre montre vous envoie. Une perte de précision significative (dérive de plus de 30 secondes par jour), une réserve de marche qui diminue ou une résistance anormale lors du remontage manuel sont des signaux clairs qu’une visite à l’atelier s’impose, même si la dernière révision date de 3 ans.
En fin de compte, une révision préventive coûtera toujours moins cher qu’une réparation due à une usure excessive. C’est l’investissement le plus important pour garantir que votre montre puisse être transmise à la génération suivante en parfait état de marche.
Combien coûte une remise à neuf d’une finition brossée sur une montre de luxe ?
Le coût d’une remise à neuf esthétique, appelée « polissage » ou « avivage », dépend énormément de la complexité des finitions de la montre. Pour une simple restauration d’une finition brossée, il faut compter entre 200€ et 400€ si l’intervention est complexe. Ce prix est distinct de celui de la révision mécanique du mouvement.
Il est crucial de comprendre qu’il n’existe pas un seul type de polissage. La difficulté, et donc le coût, augmente avec la sophistication des finitions d’origine du boîtier et du bracelet. On distingue principalement :
- Le poli miroir : Une surface parfaitement lisse et réfléchissante, relativement simple à restaurer.
- Le brossé ou satiné : Crée des micro-rayures orientées dans la même direction pour un effet mat. Le restaurer demande une grande maîtrise pour conserver l’alignement et le grain parfaits.
- L’alternance poli/brossé : Le plus complexe. De nombreuses montres de luxe alternent des surfaces polies et brossées, séparées par des arêtes vives. La restauration de ces montres est un art qui exige de masquer les parties polies pour travailler les parties brossées, et inversement, tout en préservant la netteté des angles. C’est ce qui justifie les tarifs les plus élevés.
Le tableau suivant donne un aperçu des tarifs moyens pour différentes interventions en horlogerie, incluant la révision mécanique et les services de polissage. On y voit clairement que le coût grimpe avec la complexité de la montre (chronographe) et de la finition.
| Type d’intervention | Prix indicatif | Durée moyenne | Complexité |
|---|---|---|---|
| Révision montre simple | 300€ TTC | 2-3 semaines | Standard |
| Révision montre automatique | 360€ TTC | 3-4 semaines | Standard |
| Révision chronographe auto | 500€ TTC | 4-5 semaines | Complexe |
| Polissage simple boîtier | 80-150€ | 1 semaine | Simple |
| Restauration alternance poli/brossé | 200-400€ | 2 semaines | Expert |
| Service complet marque (Rolex, Omega) | 600-1500€ | 6-8 semaines | Manufacture |
Cependant, une mise en garde s’impose. Chaque polissage enlève une infime couche de matière. Un polissage mal exécuté ou trop fréquent peut « ramollir » les angles vifs et dénaturer le design original de la montre, lui faisant perdre de sa valeur. Il est donc parfois plus sage d’accepter les micro-rayures de la vie, qui témoignent de l’histoire de la montre, plutôt que de chercher une perfection aseptisée. Confiez toujours ce travail à un expert reconnu.
Que garantit vraiment le certificat chronomètre COSC pour votre usage quotidien ?
Le certificat de chronomètre délivré par le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres (COSC) garantit une seule chose : la haute précision du mouvement de votre montre dans des conditions de laboratoire contrôlées. Il atteste que le mouvement « nu », c’est-à-dire avant son emboîtage, a passé une série de tests sur 15 jours et a respecté une tolérance de marche très stricte.
Pour un mouvement mécanique, cette tolérance est de -4/+6 secondes par jour selon les standards COSC. Concrètement, cela signifie que votre montre, au moment du test, ne devait pas prendre plus de 6 secondes ni perdre plus de 4 secondes par jour en moyenne. C’est un gage d’excellente facture, de réglage fin et de la qualité des composants du « cœur battant » de la montre. Seul un faible pourcentage de la production horlogère suisse obtient cette certification.
Cependant, il est essentiel de comprendre les limites de ce certificat pour votre usage quotidien. Le COSC ne garantit pas :
- La précision au poignet : Le test est réalisé sur le mouvement seul, dans 5 positions statiques et à 3 températures différentes. La performance réelle une fois la montre portée peut varier en fonction de votre activité, des chocs subis, et des variations de température plus extrêmes.
- L’étanchéité ou la résistance aux chocs : Le COSC ne teste que la chronométrie, pas les aspects extérieurs de la montre.
- La résistance au magnétisme : Une montre certifiée COSC reste tout aussi vulnérable au magnétisme qu’une autre.
Des certifications plus exigeantes existent et testent la montre dans son ensemble (emboîtée). Le label Master Chronometer de METAS (utilisé par Omega), par exemple, teste la montre finie et garantit une résistance à des champs magnétiques de 15’000 Gauss, en plus d’une précision de 0/+5 secondes par jour. Le Poinçon de Genève, lui, se concentre sur l’excellence de la finition et de l’assemblage de tous les composants du mouvement.
En résumé, le COSC est une base solide et un gage de sérieux, mais il ne représente pas le sommet absolu de la certification horlogère. C’est le point de départ de la haute précision, pas une garantie absolue de performance dans toutes les situations de la vie réelle.
À retenir
- L’arrêt d’une montre automatique est un cycle de repos normal et non une panne. Il limite l’usure naturelle des composants.
- Le magnétisme (smartphones, tablettes, enceintes) est la cause la plus fréquente de dérèglement soudain. C’est un problème grave mais facilement réversible.
- Un entretien préventif régulier, adapté à l’âge et à l’usage de la montre, est l’investissement le plus sûr pour sa longévité, bien plus que l’utilisation continue sur un remontoir.
Montres suisses : pourquoi le label « Swiss Made » justifie-t-il un prix 40% plus élevé ?
Le label « Swiss Made » est bien plus qu’une simple indication géographique ; c’est un gage de qualité, de savoir-faire et de tradition qui justifie en partie son surcoût. Pour qu’une montre puisse arborer ce prestigieux label, elle doit répondre à des critères stricts définis par la loi suisse : son mouvement doit être suisse, l’emboîtage doit être réalisé en Suisse, et le contrôle final par le fabricant doit avoir lieu en Suisse. De plus, au moins 60% de la valeur de la montre (et non du nombre de composants) doit provenir de Suisse.
Cette règle des 60% est au cœur de l’écosystème horloger suisse. Elle garantit que l’essentiel de la valeur ajoutée – la recherche et développement, la fabrication des composants complexes du mouvement, l’assemblage et le réglage par une main-d’œuvre qualifiée – est local. Ce savoir-faire, transmis de génération en génération, a un coût et se reflète dans le prix final. Il englobe une culture de la précision et une exigence de qualité qui sont mondialement reconnues.
Cependant, il est important de nuancer ce propos. L’industrie est dominée par quelques grands fournisseurs de mouvements, comme ETA (groupe Swatch) et son principal concurrent, Sellita. Comme le souligne un expert :
Chaque fois que vous voyez Swiss Movement mentionné, cela signifie essentiellement que le mouvement sera soit un ETA soit un Sellita. Les deux sont des fabricants suisses et Sellita copie la plupart des mouvements ETA avec les mêmes machines, sans infraction car les designs ETA sont assez anciens pour avoir perdu leurs droits de brevet.
– CreationWatches, Comparaison Sellita SW200 et ETA 2824-2
Cela signifie que de nombreuses marques « Swiss Made » différentes peuvent utiliser des « moteurs » très similaires. La différenciation se fait alors sur le design du boîtier, la qualité des finitions, l’histoire de la marque et le marketing. D’autre part, des alternatives non-suisses de très haute qualité existent. Au Japon, des manufactures comme Seiko (et sa branche de luxe Grand Seiko) produisent des mouvements d’une fiabilité et d’une finition qui rivalisent, voire dépassent, de nombreux équivalents suisses. En Allemagne, des marques comme A. Lange & Söhne sont au sommet de la haute horlogerie. Le mouvement japonais Miyota 9015, par exemple, est une alternative très respectée aux calibres suisses d’entrée de gamme, offrant des performances similaires pour un coût moindre.
Le label « Swiss Made » justifie donc son prix par un écosystème de qualité et un savoir-faire indéniables. Mais un connaisseur éclairé saura regarder au-delà de l’étiquette pour juger une montre sur ses mérites intrinsèques : la qualité de son mouvement, la finesse de ses finitions et la cohérence de son design, quelle que soit son origine.
Questions fréquentes sur Pourquoi votre montre automatique s’arrête-t-elle le week-end et est-ce grave ?
Que faire si j’ai changé la date dans la zone interdite ?
Avancez les aiguilles de 24 heures pour vérifier que le mécanisme fonctionne toujours. Une seule erreur n’est généralement pas fatale, car les mécanismes sont conçus avec une certaine tolérance. Si la date ne passe plus ou si vous sentez une friction anormale, consultez un horloger sans forcer davantage.
Comment savoir si ma montre a un changement de date instantané ?
Les montres avec un changement de date instantané (ou « date sautante ») basculent la date précisément à minuit, en une fraction de seconde, avec un « clic » net et audible. Celles avec un changement progressif voient le disque de date se déplacer lentement sur plusieurs heures. Observez simplement votre montre autour de minuit pour le déterminer.
Existe-t-il des montres sans cette contrainte ?
Oui, de nombreux calibres haut de gamme et mouvements récents intègrent des mécanismes de sécurité (souvent des systèmes de débrayage ou des engrenages flexibles) qui permettent le changement de date à n’importe quelle heure sans risque de casse. C’est une caractéristique de plus en plus courante dans l’horlogerie moderne.