
Choisir entre l’or 9 et 18 carats n’est pas une question de goût, mais un arbitrage économique entre un bien de consommation éphémère et un véritable investissement.
- L’or 18 carats (75% d’or pur) est un actif qui conserve sa valeur, résiste à l’oxydation et peut être transmis ou recyclé.
- L’or 9 carats (37,5% d’or pur) est un alliage qui s’oxyde, peut provoquer des allergies et dont la valeur de revente est quasi nulle, se limitant à son faible poids en or.
Recommandation : Pour un bijou porté au quotidien (comme une alliance) ou un achat pensé pour durer, l’or 18 carats est le seul choix rationnel en termes de coût total de possession et de valeur patrimoniale.
Vous avez craqué pour ce bracelet étincelant, vendu comme un bijou en or, mais après quelques mois, sa couleur s’estompe et laisse place à des marques disgracieuses. Cette déception, beaucoup la connaissent. Le marché de la bijouterie est saturé de termes confus : « doré à l’or fin », « plaqué or », « or 9 carats », « or 18 carats »… Derrière ces appellations se cachent des réalités bien différentes, notamment une différence de prix qui pousse souvent à opter pour l’option la moins chère.
L’argumentaire habituel se concentre sur la pureté et la couleur. On vous dira que le 18 carats est « plus pur » et plus jaune, tandis que le 9 carats est « plus solide » et plus accessible. C’est vrai, mais c’est incomplet. En tant que négociant, je vois ce qui revient en atelier pour être revendu ou transformé, et ce qui est simplement jeté. La vraie différence ne se mesure pas à l’achat, mais sur dix ans. Le véritable enjeu n’est pas la brillance du premier jour, mais la valeur intrinsèque du métal et sa capacité à traverser le temps.
Mais si le vrai coût d’un bijou ne se résumait pas à son étiquette ? Si l’on considérait son « coût total de possession », incluant sa durabilité, ses éventuelles réparations et sa valeur de revente ? Cet article propose de dépasser les arguments marketing pour vous offrir une grille de lecture d’investisseur. Nous allons disséquer ensemble la composition de ces alliages, leur résistance réelle aux agressions du quotidien, leur potentiel allergène et, surtout, leur véritable valeur marchande à long terme. Car acheter un bijou, c’est aussi faire un choix patrimonial.
Pour vous guider dans ce choix crucial, cet article est structuré pour répondre point par point aux questions que vous vous posez. Du placage qui s’efface à la valeur de l’or de vos aïeux, découvrez les secrets que tout acheteur devrait connaître.
Sommaire : Les secrets de l’or : comprendre les carats pour mieux investir
- Pourquoi votre bijou « doré à l’or fin » perd sa couleur après seulement 6 mois ?
- Comment savoir si un bijou en or contient du nickel avant de l’acheter ?
- Peut-on re-plaquer un bijou ancien pour moins de 50 € chez un artisan ?
- Or massif ou Vermeil : lequel conserve une valeur marchande réelle après 10 ans ?
- Les 3 produits cosmétiques à bannir absolument pour sauver votre plaqué or
- Pourquoi vos bijoux en argent noircissent-ils plus vite en été ou au contact de la peau ?
- Peut-on utiliser l’or des vieilles bagues de grand-mère pour faire un bijou neuf et moderne ?
- Alliances de mariage : pourquoi choisir le même métal est crucial pour éviter l’usure prématurée ?
Pourquoi votre bijou « doré à l’or fin » perd sa couleur après seulement 6 mois ?
Le phénomène est classique : un bijou fantaisie perd rapidement son éclat doré. La cause est purement mécanique et chimique, et tout se joue sur un mot : l’épaisseur. Un bijou « doré à l’or fin » est généralement en laiton ou en cuivre, recouvert d’une couche d’or extrêmement fine par un procédé d’électrolyse. On parle ici d’une épaisseur de moins de 1 micron, souvent autour de 0,5 micron. En comparaison, la dénomination « plaqué or » exige en France une épaisseur minimale de 3 microns d’or.
Cette différence est colossale. Une couche de 0,5 micron pour la dorure à l’or fin s’use par simple frottement avec la peau et les vêtements. Les contacts répétés, la transpiration, les parfums et les savons agissent comme des abrasifs qui « mangent » littéralement cette fine pellicule d’or en quelques semaines ou mois. Il ne s’agit pas d’un défaut, mais de la durée de vie normale d’un tel traitement de surface. C’est l’obsolescence programmée du métal : un bijou conçu pour être esthétique à court terme, mais non pour durer.
Un placage de 3 microns, quant à lui, offre une résistance bien supérieure. Il peut supporter un port quotidien pendant plusieurs années avant de montrer des signes d’usure, à condition d’un entretien correct. Comprendre cette distinction est la première étape pour ne plus jamais être déçu : un bijou « doré » n’est pas un bijou en or, c’est un bijou d’apparence, dont la beauté est par nature éphémère.
Comment savoir si un bijou en or contient du nickel avant de l’acheter ?
La peau qui rougit, démange ou développe un eczéma au contact d’un bijou est une réaction allergique très fréquente. Le principal coupable est le nickel, un métal souvent utilisé dans les alliages de basse qualité pour durcir le métal et le blanchir. Le problème est de taille, car près de 15% de la population serait réactive au nickel, selon les études dermatologiques. Le nickel est interdit dans les alliages destinés à être en contact direct et prolongé avec la peau en Europe, mais les bijoux fantaisie importés ou de provenance incertaine peuvent encore en contenir.
Dans l’or 9 carats, composé à 62,5% d’autres métaux, le risque de trouver des alliages contenant des traces de nickel est plus élevé que dans l’or 18 carats, qui privilégie des métaux nobles comme l’argent et le cuivre pur. Pour un acheteur, il est quasi impossible de le détecter à l’œil nu. La vigilance est donc de mise, surtout si vous avez une peau sensible. Le meilleur moyen de se prémunir est de poser les bonnes questions au vendeur et d’exiger de la transparence.
Un vendeur professionnel doit être capable de garantir la composition de ses alliages. Face à un doute, ne prenez aucun risque. Une réaction allergique peut se déclencher même après plusieurs mois et rendre le port du bijou définitivement impossible.
Votre plan d’action : 3 questions pour débusquer le nickel
- Interrogation directe : Demandez explicitement au vendeur : « Pouvez-vous me garantir par écrit que cet alliage est totalement exempt de nickel, conformément à la réglementation européenne REACH ? »
- Vérification des mentions : Sur la fiche produit en ligne ou l’étiquette en magasin, recherchez les termes « garanti sans nickel », « hypoallergénique » ou « alliage anallergique ». Leur absence est un signal d’alarme.
- Exigence de traçabilité : Pour une pièce de valeur, demandez si un certificat d’authenticité ou une facture détaillée mentionnant la composition exacte de l’alliage (« Or 750/1000 », « Argent 925/1000 ») peut être fourni.
Peut-on re-plaquer un bijou ancien pour moins de 50 € chez un artisan ?
La question du coût de la redorure est légitime lorsqu’un bijou de famille ou une pièce de valeur sentimentale a perdu son éclat. La réponse est nuancée : oui, il est techniquement possible de trouver une prestation de « flash » ou de dorure fine à ce tarif, mais cela revient à appliquer un pansement sur une jambe de bois. Un placage de qualité, celui qui redonnera plusieurs années de vie à votre bijou, est une opération bien plus complexe et donc plus coûteuse.

Un artisan-joaillier sérieux ne se contentera pas de tremper votre bijou dans un bain d’or. Le véritable travail, qui justifie le coût, se déroule en amont. Il faut d’abord préparer la surface : le bijou doit être entièrement décapé de son ancien placage, nettoyé en profondeur par ultrasons, puis poli pour éliminer toute rayure ou imperfection. Sans cette préparation minutieuse, le nouveau placage n’adhérera pas correctement et s’écaillera rapidement. Ensuite vient le bain d’électrolyse, où l’épaisseur déposée (les fameux microns) déterminera la durabilité et le prix final. Déposer 3 à 5 microns d’or a un coût matière non négligeable.
Par conséquent, un devis pour une redorure durable et professionnelle se situera plus vraisemblablement entre 80 et 150 €, voire plus, selon la taille et la complexité de la pièce. Un tarif de 50 € doit vous alerter : il s’agit probablement d’une dorure de moins d’un micron, qui ne résistera pas plus de quelques mois à un port régulier. C’est un parfait exemple du concept de coût total de possession : mieux vaut investir une fois dans une restauration de qualité que de payer plusieurs fois pour des solutions cosmétiques éphémères.
Or massif ou Vermeil : lequel conserve une valeur marchande réelle après 10 ans ?
C’est ici que l’arbitrage économique prend tout son sens. L’or massif, qu’il soit 18 ou 9 carats, possède une valeur intrinsèque liée à la quantité d’or pur qu’il contient. Le Vermeil, quant à lui, est une base d’argent massif 925 recouverte d’une couche d’or d’au moins 5 microns. Bien que qualitatif, il reste un placage. Sur le long terme, leur trajectoire de valeur est radicalement opposée.
La valeur de revente d’un bijou en or est directement indexée sur le cours mondial de l’or. Ainsi, l’or 9 carats conserve 37,5% de la valeur du cours de l’or, tandis que l’or 18 carats en conserve 75%. Le Vermeil, lui, ne voit sa valeur liée qu’à l’argent sous-jacent, le placage d’or étant trop fin pour être récupéré et valorisé lors d’une refonte. Comme le cours de l’argent est bien inférieur à celui de l’or, la perte de valeur à la revente est massive.
Étude de cas : l’évolution de la valeur sur 14 ans
L’exemple de l’évolution récente des cours est frappant. Une analyse du marché montre qu’entre 2010 et 2024, le cours du kilogramme d’or est passé d’environ 25 200 € à près de 75 000 €. Concrètement, la valeur intrinsèque d’un bijou en or 18 carats acheté en 2010 a plus que triplé. Même un bijou en 9 carats a vu sa valeur matière augmenter significativement. Pendant ce temps, un bijou en Vermeil acheté au même moment n’a conservé que la valeur de son poids en argent, soit une infime fraction de son prix d’achat initial, sa valeur étant principalement liée au design et à la marque au moment de l’achat.
Cette réalité démontre que l’or 18 carats, et dans une moindre mesure l’or 9 carats, est un véritable actif patrimonial. Le Vermeil, malgré ses qualités esthétiques, reste un bien de consommation dont la valeur s’érode avec le temps et l’usure du placage. Pour un achat pensé comme un investissement ou un bien transmissible, l’or massif est la seule option rationnelle.
Les 3 produits cosmétiques à bannir absolument pour sauver votre plaqué or
L’usure d’un bijou plaqué or n’est pas seulement due aux frottements. Elle est souvent accélérée par des réactions chimiques invisibles avec les produits que nous appliquons sur notre peau. Certains composants cosmétiques sont de véritables destructeurs de placages, même pour les plus épais comme le Vermeil ou le plaqué or 3 microns. Connaître ces ennemis permet de prolonger significativement la vie de vos bijoux.

Le principe est simple : tout produit chimique agressif ou contenant des particules peut soit corroder la fine couche d’or, soit s’incruster dans ses micro-porosités et la ternir de l’intérieur. La règle d’or est donc de toujours mettre ses bijoux en dernier, après avoir laissé sécher parfums et crèmes, et de les retirer avant de se démaquiller ou d’appliquer des soins. Mais certains produits sont particulièrement à risque.
Voici la liste des trois catégories de produits cosmétiques les plus nocives pour vos bijoux dorés et plaqués or :
- Les crèmes solaires avec filtres chimiques : Des composants comme l’oxybenzone ou l’avobenzone peuvent déclencher une réaction corrosive au contact du métal et du soleil, créant des taches sombres irréversibles sur le placage.
- Les soins anti-âge aux acides : Le rétinol, les acides de fruits (AHA) ou l’acide salicylique (BHA) sont conçus pour exfolier la peau. Sur un placage, leur action est tout aussi puissante : ils agissent comme des agents corrosifs qui « grignotent » la couche d’or.
- Les autobronzants et fonds de teint très pigmentés : Les pigments colorés de ces produits ont la fâcheuse tendance à s’accumuler dans les moindres aspérités du bijou. Avec le temps, ils ternissent la couleur et sont extrêmement difficiles à nettoyer sans endommager davantage le placage.
Pourquoi vos bijoux en argent noircissent-ils plus vite en été ou au contact de la peau ?
Tout le monde a déjà observé un bijou en argent noircir, surtout par temps chaud ou sur une peau à tendance acide. Ce phénomène, appelé sulfuration, est une réaction chimique entre l’argent et les composés soufrés présents dans l’air, la sueur ou certains produits. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’un phénomène similaire, l’oxydation, peut affecter certains bijoux en or, et plus particulièrement l’or 9 carats.
La raison est simple et se trouve dans sa composition. Comme l’expliquent les gemmologues de Poinçon 22, l’or 9 carats contient 62,5% d’autres métaux, principalement du cuivre et de l’argent. Le cuivre, en particulier, est un métal qui s’oxyde très facilement au contact de l’air, de l’humidité et de l’acidité de la peau. C’est cette oxydation du cuivre au sein de l’alliage qui fait « ternir » l’or 9 carats, lui faisant perdre son éclat et pouvant même laisser une légère trace sombre sur la peau, exactement comme le ferait un bijou en argent.
L’or 9 carats a tendance à s’oxyder et ternir avec le temps dû à sa faible teneur en or.
– Poinçon 22, Article sur les différents caratages de l’or
L’or 18 carats, avec ses 75% d’or pur (un métal inaltérable), est bien mieux protégé contre ce phénomène. La plus faible proportion de métaux oxydables dans son alliage lui confère une stabilité chimique incomparable. Il ne ternira pas et ne noircira pas avec le temps. C’est une différence fondamentale qui impacte directement l’entretien et l’apparence du bijou sur le long terme : l’un demandera des polissages réguliers pour conserver son éclat, l’autre brillera de manière constante.
Peut-on utiliser l’or des vieilles bagues de grand-mère pour faire un bijou neuf et moderne ?
Absolument, et c’est même l’une des plus belles preuves de la valeur intemporelle de l’or 18 carats. Transformer de « vieil or » en une création contemporaine est une pratique courante en joaillerie, appelée la fonte à façon. C’est une démarche à la fois économique et écologique, qui donne une seconde vie à des bijoux chargés d’histoire. Cependant, tous les ors ne se prêtent pas aussi bien à cet exercice.
Les artisans-joailliers privilégient, et de loin, l’or 18 carats. Sa haute teneur en or pur le rend facile à fondre, à purifier et à retravailler sans altérer sa qualité. De plus, de nombreux artisans proposent un système de « crédit métal » : ils pèsent votre vieil or (souvent des bijoux de famille en 18 carats), estiment sa valeur en or pur au cours du jour, et déduisent cette somme du coût de fabrication de votre nouveau bijou. C’est souvent plus rentable que la refonte directe, qui peut être contaminée par d’anciennes soudures.
L’or 9 carats, en revanche, est le cauchemar du fondeur. Sa composition hétéroclite (62,5% de métaux divers et souvent inconnus) rend sa purification complexe, coûteuse et risquée. Le risque de créer un nouvel alliage fragile, poreux ou de couleur non homogène est si élevé que la plupart des artisans refuseront tout simplement de le travailler. L’or 9 carats est donc un métal « à sens unique », destiné à être porté tel quel, mais rarement transformé.
| Critère | Or 18 carats | Or 9 carats |
|---|---|---|
| Valeur au poids | 75% du cours de l’or | 37,5% du cours de l’or |
| Facilité de purification | Simple et rentable | Complexe et coûteuse |
| Acceptation par les artisans | Très recherché | Souvent refusé |
| Risque de pollution de l’alliage | Faible | Élevé (62,5% d’alliages divers) |
À retenir
- La longévité d’un bijou doré dépend directement de l’épaisseur du placage (en microns), bien plus que de la mention « or ».
- L’or 9 carats, riche en alliages comme le cuivre, s’oxyde avec le temps et possède une valeur de revente très faible comparée à l’or 18 carats.
- L’or 18 carats est un véritable actif patrimonial : il conserve sa valeur marchande, résiste à l’usure et peut être facilement recyclé, ce qui en fait le choix le plus rentable sur le long terme.
Alliances de mariage : pourquoi choisir le même métal est crucial pour éviter l’usure prématurée ?
Le choix des alliances est symbolique, mais il doit aussi être technique pour éviter une usure prématurée. Une erreur fréquente est de choisir des alliances de carats différents pour un couple, par exemple une bague en or 18 carats pour l’un et en 9 carats pour l’autre, souvent pour des raisons de budget. Portées côte à côte, ou même sur des doigts adjacents, ces deux bagues vont s’user mutuellement de manière inégale.
Ce phénomène s’explique par la différence de dureté. Contrairement à une idée reçue, l’or 9 carats est plus dur que l’or 18 carats. Sa forte proportion d’alliages (cuivre, zinc) le rend plus résistant aux rayures, mais aussi plus abrasif. L’or 18 carats, plus riche en or pur, est plus tendre et malléable. Le résultat est inévitable : le frottement constant de l’alliance 9 carats contre l’alliance 18 carats va agir comme du papier de verre, usant et amincissant progressivement le bijou le plus précieux.
Une bague en or 9k, plus dure, frottera et usera jour après jour une bague en or 18k, plus tendre, portée sur le même doigt.
– Atelier d’Or, Guide sur le choix des carats
Pour éviter ce « cannibalisme métallique », la règle d’or est simple : choisissez toujours des alliances de même caratage. Si vous souhaitez différencier vos bagues, il existe de nombreuses solutions esthétiques qui ne compromettent pas leur intégrité :
- Jouer sur les finitions : Optez pour le même métal (par exemple, or jaune 18k) mais avec une finition polie pour l’une et brossée ou martelée pour l’autre.
- Varier les largeurs et les formes : Choisissez des largeurs de jonc différentes ou des profils distincts (plat, demi-jonc) tout en conservant le même alliage.
- Personnaliser par la gravure : Des gravures intérieures ou extérieures uniques sont une excellente manière de rendre chaque alliance spéciale sans risque d’usure.
Pour faire un choix éclairé qui correspond non seulement à votre budget mais aussi à vos attentes de durabilité et de valeur, l’étape suivante consiste à évaluer vos bijoux actuels ou futurs à l’aune de ces critères. Ne vous laissez plus séduire par la seule brillance, exigez la transparence sur la matière.